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« Ce système [éducatif] ne produit plus des adultes heureux. » Ce cri d’alarme, c’est le réalisateur autrichien Erwin Wagenhofer qui le lance. Alphabet, son dernier documentaire, projeté en salles dès le 17 septembre et soutenu par Imagine Demain le monde, s’interroge sur la manière dont aujourd’hui, dans nos sociétés industrialisées, nous éduquons nos enfants selon un système où les critères prédominants sont l’esprit de compétition, la rentabilité, le conformisme et la peur.
Dès leur naissance et jusqu’à l’âge adulte, ils seront, qu’on le veuille ou non, classés, conditionnés, formatés. Ils seront appelés à évoluer dans un environnement plein de normes et de carcans, qui sélectionne et exclut, laissant très peu de place à l’éveil, l’esprit critique et l’imagination. Un monde qui n’aime ni les perdants ni les faibles. Et qui produit, en priorité, des individus qui seront en phase avec les exigences du marché : citoyens dociles, travailleurs malléables, consommateurs asservis, etc.
La conclusion de Wagenhofer ? Plus qu’une simple réforme de notre système éducatif, c’est un changement radical de modèle qui s’impose si l’on veut offrir un avenir plus radieux aux générations futures.

Faire « éclore » l’enfant

Eduquer, du latin educo, educare. Ce verbe signifie « nourrir », « instruire », rappelait Albert Jacquard, dans L’héritage de la liberté (Seuil, 1991). Mais il vient aussi et surtout, selon l’essayiste français, du mot e-ducere, c’est-à-dire « conduire hors de ». Traduisez : élever l’enfant, le faire « éclore » en quelque sorte. « L’objectif premier de l’éducation, soutenait ainsi le grand généticien, c’est évidemment de révéler à un petit homme sa qualité d’homme, de lui apprendre à participer à la construction de l’humanitude et, pour cela, de l’inciter à devenir son propre créateur, à sortir de lui-même pour devenir un sujet qui choisit son devenir, et non un objet qui subit sa fabrication. »
Tous les enfants ne naissent pas égaux. Tous n’ont pas le même « bagage » pour affronter la vie. Et le déterminisme, notamment social et économique, fait aussi partie du genre humain. Mais quand il vient au monde, le petit homme dispose d’un énorme potentiel et de nombreuses aptitudes.

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